Ages before he worked with Kanye West or Justice, there was a time nearly nobody heard about So-Me. To build the hype more than preserve his identity, we decided back then to publish a fake article, where I would pretend he was just a 12 years old genius!
Bien longtemps avant qu'il ne travaille avec Kanye West ou Justice, il fût une époque ou personne ou presque n'avait entendu parler de So-Me. Pour faire monter la hype plus que pour presever son identité, nous avions alors décidé de publier un faux article dans lequel nous allions prétendre qu'il était un petit génie de 12 ans ! (écrit pour BPM)
SO-ME
Alors moi, j'ai douze ans...
Le monde de la hype parisienne ne cesse de s'enthousiasmer depuis quelques temps devant le travail de cet illustrateur. Pourtant, ce que peu de gens savent jusqu'ici, c'est que ce So-me n'est pas vraiment un graphiste comme les autres. Ce n'est en effet ni la naïveté feinte de son style, ni la rapidité avec laquelle il a réussi à s'imposer dans les cercles les plus fermés de la branchitude qui font de lui un personnage à part. Ce qui le différencie avant tout de ses autres collègues est son âge. Car si So-me est reconnu pour son talent, il vient surtout de fêter son… douzième anniversaire !!!
RETOUR A LA CASE DEPART
C'est dans le début des années 90 que So-me voit le jour à Montmartre, d'un père français et d'une mère anglaise. Très tôt, il baigne dans l'univers de la musique et passe l'essentiel de son temps dans le studio de son père musicien, à essayer de bidouiller les instruments qui lui tombent sous la main. Entre deux sessions d'enregistrement et autres répétitions, les disques s'empilent à la maison jusqu'à bientôt envahir le moindre espace libre de chaque pièce, du salon jusqu'au grenier. Mais ce n'est finalement pas tant l'amour des sons qui retiendra l'attention de ce petit garçon, mais plutôt l'emballage de leurs supports d'enregistrement, les pochettes. Son attrait sera sans limites pour ces pochettes de 33 tours qui semblent se transformer entre ses mains en autant de mondes colorés et magiques à découvrir. Son jeune âge le préserve de tout jugement esthétique et son amour sera exhaustif, appréciant au même titre les graphismes les plus réussis comme les illustrations à priori du plus mauvais goût. Parallèlement à cette découverte qui ne cessera de le fasciner, So-me commencera à réaliser ses premières bandes dessinées. Il a alors quatre ans et commence par "customiser" dans un premier temps la bibliothèque de ses parents, en gribouillant les collections entières de Tintin et autres Lucky Luke. Quelques temps plus tard, il décidera d'abandonner cette activité vandale pour se mettre à créer ses propres histoires. Il apprendra peu à peu à développer, entre aventures romanesques et combats de chevaliers, une passion des mots et le sens de leur mise en forme visuelle.
TARTINES ET BREAKBEATS
Sur le chemin de l'école, le bambin n'hésitera pas à étendre aux murs de son quartier son amour pour l'écriture, et commencera d'une manière assez ludique à poser ses premiers tags. Son voisin qui remarque le manège est amusé, et décide de l'inviter à prendre le goûter un soir après l'école, pour comprendre qui se cache derrière ce "vandale" précoce. De tartines beurrées en verres de jus d'orange, une amitié va se tisser entre le jeune prodige et ce sympathique voisin, qui n'est autre que le non moins célébrissime DJ Pone. À ses dépens, ce dernier découvrira peu à peu la passion de So-me pour le dessin, et les livres de sa propre bibliothèque finiront également par profiter de la qualité de son coup de crayon. Préférant mettre à profit le talent du gamin plutôt que de voir les meilleures BD de sa collection continuer à disparaître, il lui proposera de faire ses premières armes en réalisant la pochette de son maxi de breakbeat, "Buy it bro". Ce qui aurait pu ne rester qu'une illustration, sera en fait le début d'une longue aventure.
BANG, C'EST PARTI !
Quelques semaines plus tard, accompagné par sa mère dans une soirée pour voir jouer son ami scratcheur, So-me fait la connaissance d'un autre dj, le fameux Pedro Winter. Le courant passe de suite entre le gamin talentueux et le "grand enfant" des platines, et autour d'un verre de jus de tomate, ils commencent à sympathiser. Séduit par son travail, Pedro lui propose alors de s'occuper de la direction artistique de son site internet alors en construction, www.headbangers.tv ! Le jeune prodige amène un style innovant, loin des "trucs hi-tech web style hyper laids", et dessine tout un habillage visuel à la main. Le site rencontrera un grand succès et So-me s'occupera dès lors de réaliser toutes les pochettes d'Ed Bangers Records, le label de Pedro Winter. Sa renommée commence à partir de cet instant à s'étendre à d'autres sphères, à commencer par les milieux branchés de l'univers parisien. En quelques années, voire quelques mois, il sera amené à travailler pour des clients de plus en plus prestigieux. Du magasin Colette au magazine Sleazenation (dont il a réalisé la couverture en décembre), en passant par la décoration du Shop à Paris ou encore la réalisation de pochettes pour Virgin UK ou Source, il multiplie les contrats. Tout va très vite et devant la multiplication des sollicitations, il est très vite obligé d'arrêter l'école pour se rendre davantage disponible, tout en poursuivant ses études par correspondance.
DE JORDY A PRINCE
Mais le jeune artiste ne risque pas de devenir le Jordy du graphisme français. Tout en restant compréhensifs, ses parents sont vigilants et surveillent de très près son apprentissage scolaire, tout comme la gestion de ses cachets, dont l'intégralité est placée sur un compte bloqué jusqu'à ses 18 ans. En attendant d'être adulte et de pouvoir "acheter une voiture pour draguer les grandes", So-me ne prend pas la grosse tête. La plupart de ses clients ne connaissent d'ailleurs même pas son âge, ce qui lui évite de se transformer en phénomène de foire. Il reste tout de même conscient de sa situation atypique et se sent parfois un peu à part. Malgré quelques amis de son âge, il trouve plus d'affinités avec les adultes qui l'entourent. Il explique : "Tu vois le film avec Louis de Funès qui s'appelle Hibernatus, il a été congelé pendant plusieurs années, et ben moi c'est l'inverse en fait." Ses références musicales et culturelles sont en effet celles d'un jeune de 20 ans. Il apprécie les Neptunes, mais cela ne l'empêche pas d'écouter Bowie ou Prince. Si l'origine anglaise de sa mère lui a offert son bilinguisme, elle lui a en outre permis de découvrir très tôt la culture anglo-saxonne. Du pop art au graffiti new yorkais, il s'efforce de découvrir tous les grands mouvements artistiques et culturels qui ont précédé sa naissance.
DUR DUR D'ETRE UNE REUSTA
Au regard de son agenda qui peu à peu prend l'aspect d'un annuaire téléphonique, il a peu de soucis à se faire quant à la pérennité de ses activités graphiques. Customisation d'une édition limitée d'Adidas Stan Smith Hi pour le magasin Colette, développement de la marque pour femmes Headbangirl avec Pedro Winter, projets (encore confidentiels) de clips et courts-métrages… Tout cela ne donne qu'un léger aperçu de ce que peut être le carnet de commandes de So-me pour les mois à venir. Pas de soucis à se faire donc, quant à l'avenir de ce jeune prodige de l'illustration. Le phénomène ne semble pas encore prêt à s'éteindre, bien au contraire. Et comme il le dit si bien : "On verra ce qui peut se passer, je suis jeune, je peux encore faire des tas de choses !" Comme rencontrer Michael Jackson par exemple ?
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