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I'm not a real journalist, but throughout the years I've wrote heaps of articles and interviews for various magazines. Here is a small selection. Some texts are in French, some are in English, others are in both languages. Make your choice on the left and enjoy!
Je ne suis pas un véritable journaliste, mais le fait est qu'au cours des ans j'ai écris pas mal d'articles et d'interviews pour divers magazines. Voici une petite sélection. Certains textes sont en Français, ceratains en Anglais, d'autres encore sont dans les deux langues. Faites votre choix sur la gauche et kiffez !
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If you wanna learn everything about masturbation... Learn French!
Pour tout savoir sur la masturbation (écrit pour BPM magazine)...

JEUX DE MAIN
Branlette is not a crime

C’est le printemps ! Le soleil tant attendu fait un retour triomphal, revigorant les esprits et balayant d’un rayon la morosité d’un hiver terne et rugueux. Taillées dans des matières précieuses, les jupes des jeunes filles ne cessent de raccourcir, découvrant chaque jour un peu plus la finesse de leurs longues jambes galbées. Accoudés aux terrasses des troquets, les garçons fébriles trépident à leur passage, absorbés par le spectacle d’une hanche dénudée qui laisse entrevoir la naissance d’un string. Le charme enivrant de la nature ressuscitée fait tourner toutes les têtes. Excité par l’éclat d’une telle débauche de beauté, j'ai décidé de prendre mon plaisir en main. Au risque d’ébranler les esprits…

L'EXPLOSION DU CUL
Encore aujourd’hui, au cœur d’une société qui semble prôner en matière de sexe l’ouverture d’esprit et la libération des mœurs, la masturbation reste un sujet largement tabou. Pourtant, que ce soit sur les plateaux des émissions télévisées, à la radio ou dans la presse, jamais les intervenants n’ont autant médiatisé leur sexualité. Toutes les pratiques se dévoilent au grand jour, et la pudeur qui entourait il y a seulement quelques années certaines pratiques, comme la sodomie ou l’échangisme, semble désormais envolée. Parallèlement, l’industrie de la pornographie connaît une véritable explosion, et contribue ainsi à démocratiser ces 'déviances' autrefois réprouvées. Depuis l’apparition dans les années 80 de la vidéo dans les foyers, et plus tard avec l'arrivée d'Internet, l’accès aux représentations de la sexualité sous toutes ses formes a été démultiplié. Et si les casettes pornographiques se vendent presque aussi rapidement que les individus se connectent aux sites spécialisés, c’est bien que la masturbation semble connaître de nombreux aficionados. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, l’idée du plaisir solitaire reste toujours difficile à aborder en public, et semble être condamnée à rester confinée dans l’intimité d’un mouchoir de poche.
Pourtant les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans l’enquête réalisée en 1993 par l’ACSF (Analyse des Comportements Sexuels en France), 84 % des hommes âgés entre 18 et 69 ans annoncent s’être déjà masturbés au cours de leur existence. Les femmes sont également mouillées dans le 'scandale', avec 51% de réponses positives. Un résultat qui témoigne par ailleurs d’une diminution de leur réticence à déclarer cette activité, si l’on considère qu’elles n’étaient que 19% à l’exprimer en 1972 (rapport Simon). Quoi qu’il en soit, aux vues de tels résultats, on peut prétendre sans trop de crainte que la masturbation pourrait bien être l’activité sexuelle la plus répandue, ou du moins la plus commune de nos contemporains.

SEXE, MENSONGE ET RELIGION
"Ne te branle pas, tu vas devenir sourd, impuissant, éjaculateur précoce, stérile, aveugle, cancéreux, débile mental, etc." Beaucoup de croyances autour de la masturbation restent tenaces et difficiles à ébranler. Pour comprendre l’origine de ses superstitions, un retour sur notre histoire est nécessaire, afin de mieux appréhender l’ensemble des implications sociales, médicales et culturelles.
De l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, les médecins considèrent que notre corps est composé de quatre liquides, et c’est de l'équilibre de leur quantité que dépend notre santé. Ainsi le sang, la bile noire, la bile jaune (que l’on voit dans les vomissements), et le phlegme, doivent être présent dans notre corps en bonnes proportions. C’est pour cette raison que la masturbation est condamnée, considérée comme source de maladies. En effet, le sperme et le liquide vaginal seraient, selon les spécialistes de l’époque, en relation directe avec notre volume de sang. Chaque éjaculation serait alors susceptible de  provoquer la perte d’un quart de litre de sang. Libérer trop de sperme pourrait donc s'avérer fatal ! Seul bémol, les enfants et les adolescents sont censés émettre un liquide imparfait, et sont par là même sauvés de la déchéance physique. Leurs activités masturbatoires sont même communément admises et acceptées. À l'époque, personne ne s’étonne de voir des gamins se branler à la récré, ou le soir en famille autour du feu de cheminée.
Les XVIIIème et XIXème siècles témoigneront d’une répression accrue de la masturbation. Les moralistes, relayés pas les médecins, considèrent que si l’on doit risquer de tomber malade, autant le faire pour avoir un enfant. Et le plaisir en dehors de la procréation devient dès lors une activité immorale, voire répréhensible. De plus, la masturbation servira de bouc émissaire tout désigné pour masquer les lacunes en matière de connaissances médicales. On lui attribue la cause de nombreuses maladies inexpliquées, comme le cancer ou la syphilis, la surdité, croyances qui persistent parfois encore aujourd’hui.
Jusque dans les années 30, on s’efforcera de multiplier les techniques pour aider la population à lutter contre ce fléau. La nuit, on conseille aux garçons de porter deux slips, ou même des moufles, de s’attacher les bras tandis que les parents doivent envisager de brûler le clitoris de leurs jeunes filles. On comprend dès lors un peu mieux tous les fantasmes qui ne cesseront d’entourer la masturbation. L'Église contribuera également à répandre un sentiment de culpabilité parmi ses fidèles. Les portes paroles de la religion catholique considèrent aujourd’hui encore cette pratique "comme un acte intrinsèquement et gravement désordonné".  Pourtant, rien dans les écrits bibliques ne condamne directement cette activité sexuelle en particulier. Un seul passage de la Bible peut être interprété comme relatif à la masturbation, encore qu’indirectement. "Tu ne commettras point d'adultère. […] Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne." (Mt.5:27-30) Impossible donc pour les Catholiques de tomber dans un dogmatisme radical, car on ne peut être sûr que cette 'main droite' fasse directement référence à la masturbation.
Pour ce qui est de l’Islam, on retrouve le même cas de figure. Un seul texte existe et  son interprétation reste également largement subjective. "Bienheureux sont certes les croyants […] qui préservent leurs sexes (de tout rapport), si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer ; alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs. " (Sourate 23 / Versets 1 à 7). Reste à savoir si l’activité masturbatoire va “chercher au-delà de ces limites“. Pour la plupart des écoles, elle est à première vue interdite, les principaux théologistes de chaque branche de l’Islam s’accordant à la considérer comme un péché. Toutefois, elle reste possible en cas d’extrême urgence, si elle permet au croyant d’éviter un péché plus grave comme la fornication (ou 'Zinâ'). Toutefois, pour tenter de minimiser les répercutions du Mal commis, la personne devra par la suite implorer le pardon d’Allah.

crados

LE REMEDE MANUEL
On l’aura donc bien compris, la masturbation est encore loin de jouir de l’estime générale, et les superstitions ne lachent pas prise. Mais si pour les religieux souiller son mouchoir revient à souiller son esprit, certaines études scientifiques nous révèlent des effets positifs insoupçonnés… preuve en main.
Chez l’homme, se masturber pourrait par exemple prévenir la formation du cancer de la prostate. Sachant que l’on compte chaque année 40 000 nouveaux cas et 10 000 décès dus à cette maladie, l’hypothèse n’est donc pas à prendre à la légère. Une équipe de chercheurs de Melbourne en Australie a étudié de 1994 à 1998, les habitudes sexuelles d’un millier hommes de moins de 70 ans atteints par cette forme de cancer. Leurs réponses  ont ensuite été comparées à celles d’un autre millier d’hommes du même âge, en bonne santé. La conclusion est sans appel, de 20 à 40 ans, plus la personne éjacule, moins elle risque de développer le cancer de la prostate. En éjaculant plus de cinq fois par semaine, on réduirait même d’un tiers le risque de développer la maladie au cours de sa vie ! Certains composants du sperme pourraient en effet avoir des propriétés cancérigènes en cas de stagnation dans les canaux de la prostate. Face à cette constatation, la guérison pourrait donc être à portée de main. En attendant que votre médecin de famille ne vous prescrive une bonne branlette préventive en guise d’ordonnance…
Une autre étude américaine (par Laumann, Gagnon, Michael et Michaels) effectuée en 1994, révèle d’autres résultats tout aussi surprenants. Elle concerne cette fois-ci les hommes autant que les femmes. Cette enquête démontre que les individus qui s’adonnent aux plaisirs solitaires au moins une fois par semaine éprouveraient un orgasme à l’occasion de presque tous leurs rapports sexuels. Meilleure connaissance de son corps ou acceptation moins inhibée de ses fantasmes ? Quoi qu’il en soit, la masturbation serait dès lors un complément inévitable de toute relation sexuelle, pour les célibataires et même au sein des couples. Ce point de vue rejoint celui du Pr. Hénard, président de la Société française de psychanalyse dans les années 60. Pour lui, "le plaisir n’a pas besoin d’être partagé pour être légitime". Il considère, comme la plupart des sexothérapeutes, que la masturbation ne servirait pas à remplacer la sexualité de couple, mais à mieux savoir appréhender son corps, et donc à mieux pouvoir indiquer ce qui est agréable à ses partenaires.
Dans tous les pays, l’ensemble des études s’accorde sur deux points. On comprend aisément que la pratique de la masturbation puisse décroître à mesure que les personnes vieillissent, les performances physiques tendant à diminuer. Il est en revanche plus étonnant de découvrir que parmi les hommes et les femmes interrogés, quel que soit leur âge ou leur origine géographique, plus le niveau d’étude est élevé et plus ils déclarent se masturber. La culture serait-elle synonyme de luxure ? Quand on vous dit que les étudiants sont des branleurs…

SEXES A PILES
Concernant les différentes techniques de masturbation, on constate une richesse des moyens mis en œuvre. Méconnaissance, hypocrisie, ou manque d’imagination, les milieux médicaux restent en tous cas loin de la réalité lorsqu’il s’agit de décrire la diversité des techniques possibles. On s’accordera cependant à séparer les pratiques masculines et féminines sur la question.
Si la "manipulation manuelle de la verge dans un mouvement de va-et-vient" reste chez l’homme la pratique la plus courante, elle n’est pourtant en aucun cas la seule répertoriée. Certes la rapidité et le rythme du mouvement sont très variables en fonction de l’individu, et toutes sortes de caresses et de manipulations des testicules restent possibles. Cependant, d’autres usages moins académiques peuvent coexister au sein de cette masturbation. Par exemple, on pourra s’attarder sur la technique dite 'de la main morte'. Elle consiste à s’asseoir quelques instants sur sa main, afin d’en stopper momentanément le flux sanguin, jusqu’à attendre que le membre en question soit insensibilisé. L’individu aura par la suite la sensation que la masturbation prodiguée par sa main 'endormie' est pratiquée par une autre personne. L’imagination peut dès lors se mettre en marche, au gré des fantasmes du moment. Il existe également d’autres pratiques, certes moins hygiéniques mais tout aussi surprenantes. Certaines personnes remplissent un gant de toilette à l’aide d’un plat de pâtes préalablement cuisinées, avant d’y insérer leur verge, reproduisant ainsi (assez approximativement) la sensation douce et moelleuse d’un sexe de femme. Une déviante de cette pratique peut se décliner à l’intérieur d’une pastèque bien mûre ou encore dans un gâteau fourré à la crème. Rien ne limite en fait les possibilités d’exercice de la masturbation, si ce n’est l’imagination du sujet.
L’ensemble de ces pratiques masculines garde tout de même le point commun de rester peu onéreux. Mais s’il est vrai que l’homme n’a pas un réel besoin de vider sa bourse pour se masturber, il en va autrement pour les femmes. Certes, l’autostimulation la plus courante constitue également en une stimulation manuelle du corps. La femme peut combiner à l’infini les caresses de son clitoris, de ses grandes et petites lèvres, des diverses zones érogènes de leur corps, ainsi que la pénétration de son vagin. Mais si certaines demoiselles ont appris à décliner sur le bout des doigts la rhétorique de leurs plaisirs solitaires, un business juteux permet d’agrémenter leurs pratiques. Divers objets et autres ustensiles se sont multipliés sur le marché de la sexualité féminine. Le godemichet fait ainsi une entrée remarquée dans le monde de la mode, au travers des 'Sex Toys' proposés par la créatrice Sonia Rykiel, ou encore des vibromasseurs très colorés de la marque Hello Kitty. Mais ces accessoires n’ont pas attendu d’entrer dans le cercle fermé de la 'branchitude' pour exister. C’est en 1880 que l’Anglais Joseph Mortimer Granville invente le vibromasseur électromécanique, afin de faciliter l’orgasme médicalisé. Car au XIXe siècle, afin de lutter contre la maladie de l’hystérie féminine, les médecins préconisent la stimulation de leur clitoris, et ce jusqu’à l’orgasme.Les vibros quitteront ensuite les cabinets médicaux pour rejoindre les sex shops, rendant ainsi leur acceptation sociale plus hasardeuse. Mais ces jouets d’adultes font aujourd’hui un retour discret parmi le grand public, au travers des réunions 'fuckerware', organisées un peu partout en Europe et en Amérique du Nord. Calquée sur le modèle des réunions de la marque 'Tupperware', l’idée est de désinhiber la ménagère de moins de 50 ans en lui proposant d’acheter directement chez elle, en compagnie de ses amies, les gadgets de son choix. Autour d'un gâteau sec et d'un verre de thé, les participantes peuvent sereinement échanger leurs points de vue en matière de lubrifiants et double godes. Discrétion assurée, envoi anonyme, satisfaite ou remboursée. Une initiative à suivre, que l’on peut considérer comme un prolongement de la VPC de certains catalogues. La Redoute, par exemple, propose depuis de nombreuses années un vibromasseur dans son catalogue… pour raffermir la peau.
En attendant d'avoir une peau plus ferme, continuons à prendre notre sexualité en main, loin des tabous et des jugements moraux. En considérant finalement, à l'instar de Woody Allen, que se masturber "c'est faire l'amour avec la personne que l'on aime le plus au monde".

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